En bref
- Le constat amiable reste la pièce de référence. La vidéo l'appuie, elle ne le remplace pas.
- Le geste le plus urgent, après la sécurité des personnes, est d'empêcher la caméra d'écraser le fichier.
- Récupérez deux fichiers, pas un : celui du choc et le précédent.
- Ne dites pas au tiers ce que la caméra montre. Remplissez le constat comme d'habitude.
- Ne publiez la séquence nulle part.
1. La sécurité d'abord, la caméra ensuite
Balisez, protégez, appelez les secours si quelqu'un est blessé. Rien de ce qui suit ne passe avant cela.
2. Coupez l'alimentation de la caméra
C'est le geste que personne ne connaît, et c'est celui qui sauve la preuve.
Votre caméra enregistre en boucle. Tant qu'elle tourne, elle finira par écraser le fichier du choc par les minutes suivantes. Débranchez-la, ou retirez la carte mémoire.
Beaucoup d'appareils verrouillent automatiquement le fichier quand ils détectent un impact. Ne comptez pas dessus : le capteur peut ne pas se déclencher sur un choc léger.
3. Remplissez le constat normalement
Décrivez les faits, cochez les cases, signez. Ne modifiez pas votre description parce que vous pensez que la vidéo dira mieux.
Inutile d'annoncer au tiers que vous avez filmé. Ce n'est ni une menace à brandir ni un argument de négociation sur le bord de la route. Le constat se remplit à deux, la vidéo se transmet à votre assureur.
4. Récupérez deux fichiers, pas un
Une fois chez vous, mettez la carte dans un ordinateur et copiez :
- le fichier qui contient le choc,
- et le fichier immédiatement précédent.
La seconde partie est souvent la plus utile : c'est là que se voit la manœuvre qui a mené à l'accident. Un fichier qui commence deux secondes avant l'impact ne montre rien de la cause.
Copiez, ne déplacez pas. Ne convertissez pas. Ne recadrez pas.
5. Joignez la séquence à votre déclaration
Envoyez les fichiers originaux à votre assureur avec votre déclaration, en indiquant la date et l'heure. Passez par votre assureur, pas par celui du tiers.
Si l'horodatage de votre caméra était faux, dites-le franchement plutôt que de le corriger après coup.
6. Ne publiez rien
C'est la dernière étape et la plus tentante. Publier la vidéo pour avoir des avis, ou pour dénoncer un comportement, vous fait sortir du cadre personnel et engage votre responsabilité vis-à-vis des personnes identifiables. Le bénéfice pour votre dossier est nul.
Le contrôle mensuel qui évite tout ça
La panne la plus fréquente n'est pas l'accident, c'est la carte mémoire morte sans prévenir. Une fois par mois, mettez la carte dans un ordinateur et vérifiez que les fichiers récents s'ouvrent. Contrôlez aussi la date.
Deux minutes par mois valent mieux qu'une découverte le jour où vous en avez besoin.
Questions fréquentes
Le constat est-il obligatoire si j'ai une vidéo ?
Oui. La vidéo ne le remplace pas.
Que faire si le tiers refuse de remplir le constat ?
Notez tout ce que vous pouvez, plaque et véhicule, et prévenez votre assureur sans attendre. La vidéo devient alors précieuse.
Et en cas de délit de fuite ?
La séquence peut montrer le départ et parfois la plaque. Transmettez-la à votre assureur, et déposez plainte.
Faut-il envoyer la vidéo tout de suite ?
Avec votre déclaration, c'est le bon moment. Ne l'envoyez pas avant d'avoir copié les originaux.
Puis-je montrer la vidéo aux forces de l'ordre sur place ?
Rien ne l'interdit. Gardez l'original intact quoi qu'il arrive.
Pour aller plus loin
- Ce que « homologué » veut dire pour un assureur
- Ce que votre assureur fait de vos images
- Ce que vous avez le droit de filmer en France
- Le comparatif des quatre modèles voiture
- Délit de fuite : les démarches, dans l'ordre
À propos de l'auteur
Vincent Castanier est le fondateur de DashcamX. L'idée lui est venue après un délit de fuite : le conducteur responsable est parti, et sans rien pour établir ce qui s'était réellement passé, l'accrochage lui a coûté cher. Il vend aujourd'hui les caméras qui lui auraient évité ça.
Ce guide décrit une marche à suivre pratique. Il n'est pas un conseil juridique et ne remplace pas l'avis d'un professionnel ni les termes de votre contrat d'assurance.
