En bref
- Aucune loi ne fixe de durée de conservation pour une vidéo de dashcam filmée à titre personnel. La question n'a pas de réponse chiffrée officielle : non mesuré.
- Ce qui décide en pratique, ce n'est pas une règle, c'est la carte mémoire : l'appareil enregistre en boucle et écrase automatiquement les fichiers les plus anciens, souvent en quelques heures ou quelques jours selon la capacité.
- Si un fichier peut servir de preuve, un accident, un délit de fuite, un dossier d'assurance, il faut le copier ailleurs avant qu'il ne soit écrasé. Le temps presse dès les premières heures.
- Pour un accident déclaré, gardez la vidéo tant que le dossier n'est pas clos, assureur et éventuellement justice.
- Pour de la surveillance de stationnement sans incident, rien ne justifie de garder indéfiniment des images qui montrent des tiers : effacez ce qui ne sert à rien.
Pourquoi la vidéo disparaît toute seule
Une dashcam n'enregistre pas en continu sur un fichier unique : elle découpe l'enregistrement en séquences de quelques minutes et, une fois la carte pleine, réécrit par-dessus les séquences les plus anciennes. C'est le principe même de l'enregistrement en boucle, et c'est voulu : sans lui, la carte se remplirait en quelques heures et l'appareil s'arrêterait de filmer.
Concrètement, cela veut dire qu'une séquence n'attend pas votre décision. Elle disparaît d'elle-même, à une vitesse qui dépend de la capacité de la carte et de la résolution choisie. C'est le point de défaillance numéro un de l'enregistrement continu : la majorité des vidéos manquantes ne sont pas perdues par accident, elles ont simplement été écrasées avant que quelqu'un pense à les récupérer.
Existe-t-il une durée légale de conservation ?
Non mesuré. Aucun texte propre aux dashcams n'impose de durée de conservation à un particulier qui filme pour son usage personnel depuis son propre véhicule. Ce qui existe, ce sont des délais qui encadrent les démarches une fois un dossier ouvert, pas la durée de vie du fichier vidéo lui-même : par exemple, en cas de délit de fuite avec auteur non identifié, le Fonds de garantie doit être saisi dans un délai de trois ans. Ce délai concerne la procédure, pas la caméra.
En clair : ce n'est pas la loi qui fixe combien de temps garder une vidéo, c'est vous, en fonction de ce que vous en ferez.
Combien de temps garder la vidéo après un accident
Dès qu'un choc survient, coupez l'alimentation de la caméra si possible, pour empêcher la boucle d'écraser le fichier pendant que vous gérez l'accident. Copiez ensuite le fichier concerné, et celui immédiatement précédent, sur un support qui n'efface rien tout seul : un ordinateur ou un espace de stockage dédié. Sur un modèle WiFi, la marche à suivre pour envoyer directement une séquence sur son téléphone évite d'attendre de rentrer chez vous pour faire cette copie.
Gardez cette copie tant que le dossier n'est pas définitivement clos : le temps que votre assureur statue, et le temps d'un éventuel recours si les versions divergent. Une vidéo peut être écartée pour des raisons purement techniques, une image illisible ou un horodatage faux notamment, ce qui est une raison de plus de la garder intacte et de ne jamais la retoucher avant de la transmettre.
Et pour la surveillance du stationnement, sans incident ?
Là, la logique s'inverse. Une dashcam en mode parking filme en continu des passants, d'autres véhicules, parfois des plaques d'immatriculation : ce sont des données qui concernent des tiers, pas seulement vous. Sans incident à documenter, rien ne justifie de conserver ces séquences au-delà de ce que la boucle efface naturellement. Gardez uniquement ce qui montre un fait précis, un choc, une dégradation, et laissez la boucle faire son travail sur le reste.

Conçue pour l'écriture en boucle continue, de 64 Go à 512 Go.
Voir la ficheCe qui doit changer dans vos habitudes
Trois réflexes évitent de perdre une preuve utile :
- Contrôlez la carte mémoire une fois par mois, pas seulement quand un incident survient. Une carte ordinaire s'use vite sous l'écriture en boucle permanente et peut lâcher sans prévenir.
- Copiez tout de suite après un fait marquant, avant de faire quoi que ce soit d'autre. Le fichier suivant peut écraser le bon dans les minutes qui suivent, selon la capacité de la carte.
- Ne gardez pas tout par principe. Une carte qui approche de sa limite réécrit plus vite, et un stockage saturé de vieilles séquences retarde justement la copie du fichier qui compte le jour où vous en avez besoin.
Si vous changez de modèle ou équipez une seconde voiture, le comparatif du catalogue par usage aide à choisir une caméra dont la capacité et le mode parking correspondent à ce que vous voulez réellement garder.
Questions fréquentes
Puis-je récupérer une vidéo déjà écrasée par la boucle ?
Non, en pratique. Une fois qu'un nouveau fichier a réécrit l'espace, l'ancien n'est pas récupérable dans des conditions fiables.
Combien de temps avant qu'une séquence soit écrasée ?
Cela dépend de la capacité de la carte et de la résolution : de quelques heures à plusieurs jours. Il n'y a pas de chiffre universel, d'où l'intérêt de copier vite plutôt que d'estimer un délai.
Dois-je garder toutes mes vidéos de trajet par précaution ?
Non. Gardez ce qui documente un fait précis. Conserver indéfiniment des images qui filment des tiers sans raison ne sert à rien et pose une question de proportionnalité.
La vidéo copiée doit-elle rester dans son format d'origine ?
Oui. Ne la recadrez pas, ne la convertissez pas : une copie retouchée perd de sa valeur si elle doit servir de preuve.
Que faire si la carte mémoire a déjà lâché avant que je pense à copier ?
Vous perdez la séquence. C'est pour cela qu'une carte haute endurance et un contrôle mensuel comptent davantage qu'une règle de durée.
Pour aller plus loin
- Un mot sans définition légale, expliqué ici
- Pourquoi une vidéo, parfois, ne sert à rien
- Les preuves qui s'effacent en quelques jours après un délit de fuite
- Quel assureur accepte les dashcams ? La question qui se pose mal
- Le verdict complet par usage, avant d'acheter
À propos de l'auteur
Vincent Castanier est le fondateur de DashcamX. L'idée lui est venue après un délit de fuite : le conducteur responsable est parti, et sans rien pour établir ce qui s'était réellement passé, l'accrochage lui a coûté cher. Il vend aujourd'hui les caméras qui lui auraient évité ça.
Cet article décrit des pratiques générales et l'état du droit tel qu'il ressort de sources publiques consultées le 20 septembre 2026. Il n'est pas un conseil juridique et ne remplace ni l'avis d'un professionnel ni les termes de votre contrat d'assurance.